Kim Boutin fait vivre des émotions intenses à ses proches restés à Sherbrooke

Un texte de Geneviève Proulx

Kim Boutin fait vivre des émotions intenses à ses proches restés à Sherbrooke

De gauche à droite, Pierre Boutin, le père de Kim Boutin, Monique Boutin, sa grand-mère, et le frère de Kim, Frédéric Boutin (Photo: Radio-Canada/Geneviève Proulx)

Une montagne russe d’émotions: voilà ce qu'a vécu la soixantaine de personnes rassemblées à Sherbrooke pour encourager Kim Boutin. La médaille de bronze obtenue au 500m par leur protégée, qui en est à sa première participation olympique, n’en a que meilleur goût.

Plusieurs ont eu peur lors de la demi-finale, mais la patineuse de vitesse sur courte piste a été avancée au tour ultime grâce à une faute de l’une de ces adversaires, un scénario qui s'est reproduit en grande finale. Sa médaille de bronze, elle la doit donc à la disqualification de la Sud-Coréenne Choi Min-jeong.

Les cris de joie ont retenti d’une manière fulgurante quand l’annonce officielle a été faite. Les larmes ont coulé sur plusieurs joues et les accolades étaient nombreuses. 

Sur les coups de 5 h, quand le restaurant a ouvert ses portes pour accueillir les partisans de Kim, les yeux étaient petits, mais les espoirs, eux, étaient grands. 

Tous s’entendaient pour dire qu’ils n’auraient pas voulu être ailleurs. La plupart courent les arénas où Kim patine depuis qu’elle est haute comme trois pommes. C'est le cas de sa grand-mère, Monique Boutin, qui s’est levée à 3 h cette nuit pour l’occasion.

«Je la suis depuis toujours. Je découpe tous les journaux où elle y est. Je suis en train de lui préparer un scrapbook de ses premiers Olympiques», raconte-t-elle fièrement. 

Mme Boutin était d'ailleurs très touchée d'assister à cette fête organisée en l’honneur de sa petite-fille. 

«C’est quelque chose que tout le monde soit ici à 5 h! J’aurais aimé être avec elle là-bas, mais je suis vraiment avec elle ici», lance la vieille dame. 

Énergie positive

En Corée du Sud, Kim Boutin n’est pas seule, puisqu'il y a sa mère Lucie, qui a fait le voyage pour l'encourager depuis les gradins. Demain, ce sera au tour de son père Pierre de s'envoler pour l'Asie.

Dans les circonstances, ce dernier a pu dormir convenablement, cependant les papillons dans le ventre n’étaient pas très loin.

«Ça va bien aller! Kim est à l’aise et en contrôle. Je suis confiant», a-t-il dit quelques instants avant la demi-finale.

Dans la foule se trouvait une certaine Maryse Perreault. Cette dernière avait été médaillée de bronze au relais en courte piste aux Jeux olympiques de Calgary. 

«Je suis assez énervée! Je suis réveillée depuis 4 h 30. Je ne voulais pas manquer ça! Ça fait 30 ans aujourd’hui que les Jeux de Calgary s’ouvraient et ça fait 20 ans qu’Annie [sa soeur] gagnait. C’est quelque chose de se rappeler tout ça et de vivre la compétition de Kim aujourd’hui», a-t-elle expliqué.

C’est en pleurs que la championne olympique a applaudi la nouvelle étoile du patinage de vitesse sherbrookoise.

Kim, le modèle de réussite 

Selon Pierre Boutin, toutes ces personnes réunies pour encourager sa fille font la démonstration éclatante qu’on a tous besoin de quelqu'un comme exemple.

«C’est beau! La richesse, c’est Kim! Elle est devenue un modèle pour plusieurs. Un modèle accessible qui démontre qu’on a tous des héros autour de nous qui nous aident à grandir», dit avec enthousiasme le père de l'athlète.


Même son de cloche de l’entraîneuse en chef du Club de patinage de vitesse de Sherbrooke, Karine Proteau. «Les jeunes savent maintenant que c’est possible. Elle est maintenant un exemple pour eux», affirme-t-elle avec conviction.

 

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