Kim Boutin attaquée sur les réseaux sociaux par des partisans sud-coréens furieux

Kim Boutin attaquée sur les réseaux sociaux par des partisans sud-coréens furieux

La Canadienne Kim Boutin (Photo: Getty Images/Jamie Squire)

Médaillée de bronze au 500m en patinage de vitesse sur courte piste mardi, aux Jeux olympiques de Pyeongchang, Kim Boutin a vu sa journée être assombrie par des menaces de mort de la part d’internautes coréens en colère sur les médias sociaux.

Ils sont furieux contre Boutin parce que leur compatriote Choi Min-jeong a été disqualifiée en finale à la suite d’un accrochage avec la Québécoise.

Choi avait été la deuxième patineuse à franchir la ligne d’arrivée, mais elle a été exclue par les officiels.

Des photos que Boutin a publiées il y a des mois ont reçu des milliers de commentaires, après son épreuve, la plupart avec du langage injurieux. Certains allaient jusqu'à des menaces.

Photo du compte Instagram de Kim Boutin
Photo du compte Instagram de Kim Boutin

Des commentaires Instagram injurieux sur la page de Kim Boutin

Le père de l'athlète, Pierre Boutin, a confié à Radio-Canada que Patinage de vitesse Canada l'a joint par téléphone pour lui signifier que la situation était conjointement prise en main par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), le Comité international olympique (CIO) et la fédération.

  • «N'as-tu pas honte d'avoir triché lors des derniers Jeux olympiques?»
  • «Tu n'es pas une vraie athlète!»
  • «Tu devrais être disqualifiée. Sais-tu cela? Honte à toi!»
  • «Si je te trouve, tu vas mourir.»
  • «Prends ta retraite et [je souhaite] que ta vie soit difficile.»

Dans plusieurs cas, les usagers l'accusent d'avoir montré du doigt Choi au terme de la course. Boutin aurait plutôt désigné son entraîneur, Frédéric Blackburn. 

Photo du compte Instagram de Kim Boutin
Photo du compte Instagram de Kim Boutin

Des commentaires injurieux sur la page Instagram de Kim Boutin (Saisie d'écran)

Devant ce flot de menaces, certains internautes coréens ont tout de même déploré les commentaires désobligeants proférés par leurs compatriotes.

La plupart des remarques rédigées en hangeul, l'alphabet coréen, ne discréditent toutefois pas la performance de Boutin, au contraire.

  • «Tout le monde, je vous en prie, c’est l’arbitre qu’il faut insulter. L'athlète n’a rien fait de mal.»
  • «En tant que Coréen, je suis désolé que certaines personnes t'aient écrit de tels commentaires. Ils sont présentement très sensibles. S'il te plaît, oublie tout cela et profite du reste de tes Jeux olympiques. Je suis désolé.»

Depuis, Boutin a activé la fonction «privé» sur ses comptes Twitter et Instagram.

«La santé et la sécurité de tous les membres de notre équipe sont une priorité et nous travaillons actuellement en étroite collaboration avec Patinage de vitesse Canada, notre personnel responsable de la sécurité et la GRC, a déclaré le Comité olympique canadien sur son compte Twitter, en début de journéemercredi. Aucun autre commentaire ne sera émis à ce sujet pour permettre à Kim de se concentrer sur ses épreuves à venir.»

Boutin renouera avec la compétition le samedi 17 février au 1500m. Trois jours plus tard, elle participera également à la finale du relais 3000m et au tour qualificatif du 1000m.

Situation similaire à Salt Lake City

L'entraîneur-chef du centre régional canadien d'entraînement en patinage de vitesse sur courte piste de Montréal, Marc Gagnon, avait aussi été victime de propos haineux lors des Jeux de Salt Lake City, aux États-Unis, en 2002.

Le quintuple médaillé olympique, décoré à trois reprises en Utah, dont deux fois en or (500m et relais 5000m), s'était attiré les foudres de plusieurs supporteurs coréens après la disqualification de leur compatriote Kim Dong-sung en finale du 1500m.

L'Américain Apolo Anton Ohno avait enlevé les honneurs de l'épreuve devant le Chinois Li Jiajun et Gagnon.

«Le pays en voulait à tous les compétiteurs, à tous les arbitres, à tout le monde en fait. Je dirais que celui qui était le plus montré [du doigt], c'était évidemment l'Américain avec qui l'accrochage avait eu lieu, s'est rappelé le Québécois.

«Honnêtement, ç'a duré quelques jours. Certaines personnes étaient un peu plus craintives. Mais au bout du compte, ça s'est estompé quand même rapidement, sauf sur Internet [...] Outre cela, il ne s'était pas passé grand-chose. C'est simplement de laisser retomber la poussière, et ça va passer.»

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